Carnet de voyage en Bolivie – Immersion d’un mois dans la forêt amazonienne en Bolivie

Avec la montagne les forêts tropicales sont pour moi un endroit exceptionnel, dans lesquels je me sens « vivant« . Au cœur de la nature il n’y a pas un seul instant pendant lequel vous ne serez pas en contact avec celle-ci, entouré de végétaux, bercé par le bruit des insectes, rencontre avec des animaux insolites, chaque jour est une aventure différente.
Après avoir découvert cet univers lors d’une sortie de 3 jours dans la Reserva Nacional Tambopata proche de Puerto Maldonado au Pérou j’avais envie de vivre une aventure plus longue dans la forêt amazonienne.

Carnet de voyage en Bolivie – Immersion d’un mois dans la forêt amazonienne en BolivieCoucher de soleil au retour d’une expédition dans la réserve Tambopata

Découverte de L’association CIWY

Sur la route à San Pedro de Atacama j’ai découvert une association Bolivienne: CIWY qui secourt, réhabilite et s’occupe d’animaux issus du trafic illégal.
Après m’être renseigné sur Internet c’est une formule qui me convient très bien car pour moi qui ne connaît pas cet environnement c’est indispensable d’y être encadré pour ne pas m’y mettre en danger, ça me permettra de rester un mois au même endroit et créer des liens d’amitiés très forts et enfin d’avoir un un impact positif en aidant une association locale qui lutte pour une cause qui me tient à cœur: la protection des animaux et de la forêt amazonienne.
De plus le budget était pour moi très intéressant: L’association vit grâce aux dons fait par des particuliers ou des organismes, mais aussi grâce aux volontaires qui viennent sur place. Malgré le travail fourni ce n’est pas gratuit car vous êtes nourris et logé et la petite partie d’argent en plus servira à nourrir les animaux.
Le prix à Ambue Ari est de 460 euros pour un mois. Étant nourri et logé ça me paraît très raisonnable ça sera le mois le moins chère de mon voyage et ça me permet de soutenir cette association.
En comparaison ma sortie de 3 jours dans la Jungle au Pérou m’avais coûté environ 300 euros.

Carnet de voyage en Bolivie – Immersion d’un mois dans la forêt amazonienne en BolivieEntrée de Ambue Ari

Les 3 centres de CIWY

CIWY possède 3 centres en Bolivie:

  • Machia situé dans la ville Villa Tunari entre Cochabamba et Santa Cruz, c’est le premier sanctuaire de CIWY qui accueil principalement des singes (capucins, araignées et écureuils).
  • Ambue Ari au Nord de Guarayos entre Santa Cruz et Trinidad, ce centre accueil surtout des félins (Jaguars, Pumas, Ocelots et autres)
  • Jacj Cuisi proche de Rurrenabaque c’est le centre le plus récent en bordure du Parque Madidi Il y a 3 pumas accueillis dans ce centre actuellement

Mon expérience à Ambue Ari

Il faut donc choisir un des 3 centres sauf si vous voulez faire les 3, il faut cependant savoir que l’association demande de rester une durée minimum, pour travailler avec un Puma il faut rester minimum 1 mois, Un Jaguar un mois et demi. Pour que l’animal apprenne à vous connaître et ne pas les stresser à voir quelqu’un de nouveau tous les jours.
Vous ne choisissez pas les animaux avec lesquels vous travaillerez.
Vous verrez seulement les animaux avec lesquels vous travaillerez.

L’idée est de respecter un maximum les animaux, leur donner la vie la plus digne possible.
J’ai longtemps hésité entre Ambue Ari et Jacj Cuisi, j’étais moins attiré par Machia car c’est très proche de la ville. A vrai dire avant d’arrivé à Ambue Ari je pensais faire 15 jours à Ambue Ari et 15 jours à Jacj Cuisi. La bonne ambiance entre les volontaires et l’endroit m’ont vite convaincu de rester un mois entier à Ambue Ari.
Pourquoi ces animaux restent dans les centres et ne sont pas relâchés ?
Malheureusement CIWY fera tout son possible pour relâcher les animaux dans la nature lorsque c’est possible (ils étaient en train de relâcher un Nandou et une famille de 4 singes hurleurs lorsque j’y était en Juin 2019).
Mais pour d’autres ce n’est pas possible de les relâcher car ils ont été acheté bébé sur le marché noir et ont grandit avec des humains au lieu de leurs mères souvent tuées pour vendre les fourrures.
Ils ne savent donc pas chasser et ne pourraient pas survivre dans la nature, en outre ne pas avoir grandit avec leur lait maternel à souvent de graves conséquences sur leur santés. De plus étant habitués au contact humain ils pourraient trop s’approcher des gens et des villages pour chercher ou demander de la nourriture ce qui n’est pas souhaitable.

Présentation des animaux

Le 2ème Jour j’ai un entretien avec le staff pour savoir avec quels animaux je vais travailler et avoir une présentation rapide de ceux-ci.
Je vais donc travailler pendant un mois Avec:
Des Chats de Geoffroy (Mariano, Boudika et Bewolf qui sont frères et soeurs)
– Les « animaux du camp » (un Nandou, des Chanchos, un Tapir, des Coatis)
– Un Jaguar (Ru)

Carnet de voyage en Bolivie – Immersion d’un mois dans la forêt amazonienne en BoliviePhoto de Mariano, Chat de Geoffroy (prise sur le site de CIWY)
Carnet de voyage en Bolivie – Immersion d’un mois dans la forêt amazonienne en BoliviePhoto de RUPI, Jaguar (Prise sur le site de CIWY)
Carnet de voyage en Bolivie – Immersion d’un mois dans la forêt amazonienne en BoliviePhoto d’un Coati prise sur le site de CIWY

Le but du travail du volontaire va être de s’occuper des animaux: Les nourrir, nettoyer les enclos, passer du temps avec eux la plupart sont malheureusement habitués au contact humain et ont besoin de ne pas se sentir seul enfermé, il est également très important de faire de l’enrichissement pour les stimuler: mettre des odeurs dans leurs enclos, rendre la nourriture accessible difficilement: qu’ils grimpent creusent comme si ils devaient se débrouiller dans la nature.
Le meilleur des enrichissements est de pouvoir sortir faire un circuit (étudié par les biologistes sur place) en dehors de leurs enclos car ils auront tout dehors puisque le centre est dans la jungle il y a d’autres animaux qui laissent leurs odeurs par exemple. Ce n’est malheureusement pas possible avec tous les animaux qui ont encore un instinct sauvage trop important.
Je pourrais sortir avec les Chats de Geoffroy et les Coatis mais pas le Jaguar.

Déroulement de la journée

Réveil à 6h20 avec des cris de singes hurleurs souvent ça fait assez peur quand on n’est pas habitué, nous sommes trois pour aller sortir les Chats de Geoffroy ils vivent ensemble et sortent ensemble par conséquent.
Ils sont surprenant ils font la taille d’un chat domestique mais vivent ici dans la jungle avec des Pumas et des Jaguars, ils restent la plupart du temps en haut des arbres en sécurité.
L’idée est de marché 1 heure et demi environ sur des itinéraires qu’ils connaissent, on se lie à eux avec une corde par sécurité et on les suit c’est eux qui décident où ils vont et quand ils rentrent. C’est extrêmement stimulant pour eux il y a pleins d’odeurs dans la Jungle, ils peuvent grimper aux arbres.
Ensuite en rentrant à l’enclos pour les nourrir et nettoyer leurs enclos, c’est la qu’on se rend compte qu’ils sont sauvages, ils mangent une quantité de viande énorme pour leur taille!
C’est vraiment gratifiant de participer à leur donner la vie la plus digne possible, l’idéal aurait été qu’ils puissent vivre à l’état sauvage dans la jungle, c’est un des slogans de CIWY « garder la vie sauvage, sauvage » l’association aimerait ne pas avoir à exister mais malheureusement il y a beaucoup de gens qui achètent sur le marché noir des animaux sauvages pour chez eux et qui les abandonnent car ils se rendent compte que ce n’est pas gérable.
On rentre ensuite vers 8h au camp pour le petit déjeuner et à 9h je me dirige vers l’enclos de Ru pour m’occuper de lui le matin.
On s’enfonce dans la jungle, on voit des insectes sur le chemin, des singes, des oiseaux.
Ru nous attend allongé dans son enclos, il a un regard magnifique, très profond.
Malheureusement on ne peut pas sortir avec ce jaguar, la matinée consiste donc à faire des tours d’enclos avec lui pour qu’ils se dépense, étant en cage il en a besoin.
Au milieu de la matinée on l’isole dans un petit enclos à part pour pouvoir rentrer dans sa cage en sécurité afin de nettoyer, changer son eau, laisser des odeurs dans son enclos pour le stimuler, cacher sa nourriture dans la terre, dans les arbres pour le stimuler le plus possible.
Ensuite on le laisse manger et on refait des tours d’enclos avec lui.
Au fur et à mesure des jours on apprendra à se connaître et passera des moments exceptionnels ensemble, simplement en marchant, en courant ensemble, en se reposant. Ces animaux sont majestueux.
Retour à midi au camp on mange et se repose jusqu’à 14h on s’occupera des animaux du camp avec 2 autres volontaires, on fait une rotation en fonction des jours pour s’occuper des différents animaux.
Il faut tous les nourrir, il faut aussi nettoyer les cages dont celles des Coatis ces petits animaux sont exceptionnels, très intelligent c’est également possible de sortir avec eux pour l’enrichissement, ce sont de véritables fouines ils passent leurs temps à chercher de la nourriture. C’est pareil on dispose d’un système de sécurité pour ne pas qu’ils s’échappent et ils vont où ils veulent et rentrent quand ils veulent.
Voilà pour le travail en tant que volontaire c’est ainsi 6 jours sur 7, le vendredi soir on fait une soirée entre volontaire et le samedi on se repose.
Il y a également une sortie le mardi soir dans le petit village d’à côté.
C’était une expérience exceptionnelle de vivre un mois dans la jungle et de travailler avec ces animaux. Ça m’a aidé à comprendre l’importance de les protéger contre le trafic illégal, et la préservation de leurs habitats. Je me suis fait de super amis là-bas j’aime bien dire qu’ c’est comme plusieurs années dans la « vrai vie » car nous vivions ensemble dans un environnement exceptionnelle qui nous pousse à être nous-même sans calculs ni arrières pensées.
Quentin, le frère d’Aurélie


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Port Lagaden, petit port typique du golfe du Morbihan
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