Thursday thunder: brexit old tricks

Il y a 3 ans, Theresa May avait fait sensation lors de la conférence d'automne des tories en nous traitant, nous les européens installés légalement en UK et y payant nos impôts, de tous les noms, dont celui très connotés, de " citoyens de nulle part ". Sa ministre de l'intérieur, Amber Rudd n'avait pas hésité à puiser allègrement dans mein kampf pour son discours, en promettant entre autres, de " name and shame " les entreprises qui employaient des européens et en assurant qu'on allait tous nous ficher. Bien sûr, de rétropédalages en cafouillages, tout ça avait été plus ou moins oublié. Enfin, pas oublié par nous, les principaux intéressés. C'est d'ailleurs en grande partie à cause de ces deux discours iniques que je ne dis plus " nous " aujourd'hui en parlant des européens en UK. Ces deux attaques immondes, terribles, ces mots puisés directement des nazis et prononcés, non par un groupuscule d'agités, mais par les membres du gouvernement, ont contribué grandement à faire partir ma famille et des milliers d'autres.

Thursday thunder: brexit old tricks

Rien n'a changé en 3 ans, au contraire. Quand j'entends maintenant les discours de Boris Johnson et de sa ministre de l'intérieur à la conférence conservatrice de cette année, je suis très, mais alors très soulagée d'être partie. Mais tout aussi effarée, terrifiée, glacée que je l'étais il y a 3 ans. En 2019, on peut gouverner un pays et dire ce genre de chose. Et ça passe. Johnson fait ouvertement l'apologie de la haine raciale. Il incite à la violence contre, je cite " les ennemis du peuple ", c'est à dire tout ceux qui ne pensent pas comme lui, l'opposition, le pouvoir judiciaire, le quidam lambda qui ne l'adore pas. Il use et abuse d'une réthorique guerrière qu'on croyait réservée aux dictateurs des années 30 quand il parle des négociations avec l'Union européenne. Il fait diffuser de la propagande et des messages prônant le culte de sa personnalité dans les écoles, comme en Corée du Nord. Vous entendez tous ces gens qui crient au scandale? Non? Moi non plus. Deux ou trois articles dans les médias et puis c'est tout.

Sa ministre, la très zélée Priti Patel en rajoute une couche. Dans son discours devant les membres du parti transis d'admiration, elle se délecte avec un sourire vicieux de mettre fin une bonne fois pour toute à la libre circulation. Les brexiters béats oublient que ça marche dans les deux sens: les sales migrants ne rentreront peut être plus, mais vous ne pourrez plus sortir, bandes de zombies trépanés. Sans compter que les médicaments et la nourriture ne passeront plus non plus, mais c'est un détail visiblement. Elle n'hésite pas à recourir au vocabulaire antisémite, en dénonçant à coup d'euphémismes transparents la communauté juive, supposée riche et universaliste, comme ça, au détour d'une petite phrase, avec toujours son sourire dégoulinante de haine triomphante sur le visage. Et la meute applaudit. Une ministre d'une supposée démocratie occidentale en 2019 tient ce genre de propos dans un événement officiel et on applaudit. Un instant, je vais vomir et je reviens. Je vais pleurer aussi.

Personne ne sait ce qui va se passer d'ici la fin du mois. Tout est possible, y compris un report ad vitam eternam du brexit, un nouveau government, un second référendum. Mais rien ne peut excuser ces mots. Rien ne peut justifier les vivats de la foule qui les applaudit. Welcome to Brexitland.


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