Misanthropie et confetti

Il y a vraiment des jours où j'hésite à prendre le clavier. Beaucoup. Je ne sais plus quoi écrire ni pourquoi. Pandémie, attentat, pandémie, Trump, attentat, pandémie...Est-ce que je cède à la panique, ou est-ce que je continue dans le léger, à essayer de (me) faire sourire, parce que ça ne sert à rien de se morfondre non plus? Je ne sais pas. J'ai envie de ne plus rien voir, rien entendre, rien savoir (de l'actualité) et de me blottir dans ma bulle familiale, de ne plus mettre le nez, même virtuellement, dehors où on croise des gens.

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Le problème, c'est que je suis de plus en plus misanthrope. Oui, j'y vais carrément, pas la peine de se cacher derrière des euphémismes et autres " asociale contrariée ". Mais en même temps, j'aime parler aux gens, découvrir, rencontrer, échanger. Je suis d'un côté, persuadée comme Marichéri que " les gens sont cons " et de l'autre que tout le monde, même le pire des cretins, a au fond de lui (très profond parfois, il faut vraiment chercher) quelque chose d'intéressant ou de surprenant à dire. Pourtant je passe ma vie sur les RS (par obligation, pas par plaisir, pour une association de défense des Européens en UK) et c'est pas beau à voir. C'est même à vomir, c'est terrifiant tellement ça suinte de bêtise crasse, d'intolérance et d'inhumanité. C'est pas mieux dans les médias où l'on tend complaisamment micros et caméra à ceux qui dégoulinent de haine, de mauvaise foi, d'incompétence, de récupération politique, de complotisme, de racourcis, de populisme, et de conneries toutes plus grosses les unes que les autres. Et ça continue IRL. L'égoïsme, le nombrilisme, l'incapacité à se remettre en cause, l'abêtissement total, l'absence assumée de réflexion. Cons et fiers de l'être, cons et le criant sur les toits, cons et menaçant tous ceux qui osent ne pas penser comme eux. Rhaaa. C'est pas possible, les gens sont de plus en plus cons ou c'est moi qui suis de plus en plus intolérante et misanthrope?

À côté de ça, je me délecte des petites bulles de conversations anodines entendues dans la rue. Je ramène à la maison, la moindre anecdote glanée au détour d'une discussion, comme une petite friandise. Marichéri, écoute ça! Je lui rapporte les derniers potins du village, des anecdotes, des petites histoires... Il s'en fout totalement, mais mon enthousiasme l'amuse. Je suis tout excitée d'en savoir plus sur l'histoire locale, sur les traditions mais aussi sur la vie des gens. J'ai gardé un côté expat qui découvre un nouveau mode de vie et j'adore ça. Un rien m'intéresse. Par exemple, pourquoi la fête de l'ail? Pourquoi cette rue a été baptisée comme ça? Pourquoi un fricandeau mais une fricadelle (ça se mange)? J'ai des tas de questions et les réponses chargées d'anecdotes de mes voisins me ravissent. Mais on est loin de l'actualité et des sujets qui fâchent. J'esquisse les conversations quand ça commence à partir en vrille. Parce que ça part immanquablement en vrille. Je suis en plein émerveillement sur les pigeons voyageurs (grande tradition locale toujours vivace) et paf, les confettis s'évaporent et la conversation dérape. Le charmant vieux monsieur avec ses oiseaux, se transforme aigri abruti de complots débiles au détour d'une simple phrase. Et ma misanthropie qui s'était éclipsée un instant, revient en force me gâcher la vie. Ah ben, j'avais pas vu l'heure, allez je vous laisse , au revoir cher voisin, et je cours me réfugier dans ma bulle, loin des gens.

Je sais que je suis privilégiée. Que j'ai une chance folle et que ces gens qui me hérissent, n'ont simplement pas eu la même vie que moi. Ils n'y sont pour rien. Mais ça n'excuse pas tout, tout le monde a un cerveau et le droit de s'en servir. Je sais aussi que je suis ridicule à me plaindre de l'intolérance des autres alors que je n'ai plus aucune patience (Déjà que je n'en avais pas beaucoup au départ). Je retourne dans ma bulle, avec mes chats, mes enfants et Marichéri. C'est lui qui a raison. Il a une autre maxime, en plus de " les gens sont cons ". Il dit aussi : " ce n'est pas que j'aime pas les gens, c'est que je n'en ai pas besoin ". Il le vit très bien, et je vais bien finir par y arriver aussi, en me forçant un peu...

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