Thursday Thunder: hands off our collective uterus

Je préviens de suite pour que tous les grincheux racornis passent leur chemin: on va parler droits des femmes et avortement. Et comme ce n'est pas la première fois, je sais que ça va donner lieu à des messages charmants. Ou pas. Mais vous avez remarqué comme ça n'a pas suffit à me décourager, puisque je n'hésite pas à en reparler? Oui? Ben voilà, donc, pas la peine de venir déverser votre bile, les " pro Life ", ça ne passera pas. Voilà, maintenant qu'on est tranquille, on va pouvoir discuter un peu.

Thursday Thunder: hands off our collective uterus

Le droit à l'avortement est attaqué de partout, enfin on se comprend, dans les pays qui l'autorisent. Puisque je rappelle que deux tiers des femmes vivent dans des pays où l'état considère que c'est son devoir de se mêler de ce qui se passe au tréfonds de l'anatomie de la moitié de sa population, plutôt que de laisser les femmes décider par elles-mêmes, il ne manquerait plus que ça...encore un peu, et elles vont vouloir être traitées aussi bien que les hommes aussi, tiens. Pendant que des mouvements autoproclamés féministes se déchirent entre eux (certaines n'hésitant pas à sombrer dans une ayatollisation totalement terrifiante) ou s'indignent à coup de grandes envolées lyriques sur des sujets essentiels comme l'écriture inclusive ou la pertinence de l'appellation Mademoiselle qui sont autrement plus importants que les mariages forcés de gamines pré pubères ou l'excision...je disais avant de m'énerver toute seule: pendant que des mouvements féministes brassent du vent et s'entredéchirent férocement, le droit à l'avortement est partout menacé. Aux États Unis bien sûr, où le choix de Trump pour la cour suprême ne présage rien de bon, mais même en France, où certains s'offusquent d'un projet de loi visant à rallonger le délai légal de 12 à 14 semaines, non pas pour le plaisir mais pour tenir compte des difficultés à trouver une clinique. Ces braves gens trouvent aussi scandaleux qu'il n'y ait plus de délai légal de réflexion de 7 jours (depuis 2016), ce qui leur paraît d'ailleurs beaucoup trop court. C'est sûr c'est bien calculé de leur part: entre le moment où on se rend compte qu'on est enceinte, le temps de trouver un praticien, de faire la demande, si en plus, on rajoute un temps de réflexion de trois semaines, ils sont tranquilles, on dépassera de toute façon le délai pour pouvoir se faire avorter. Comment faire s'évaporer le droit à l'avortement comme ça, l'air de rien...et participer à l'idée que les femmes sont de pauvres petites décérébrées qui ne peuvent pas décider de leur vie toutes seules. C'est clair qu'on va avorter comme ça, par hasard, sans y avoir pensé, sans avoir réfléchi, angoissé, agonisé des jours et des jours avant. Ah ben tiens, j'ai une heure à perdre, qu'est-ce que je pourrais bien faire? Et si j'allais avorter? Sérieusement, cette idée que les femmes, à l'inverse des hommes bien sûr, ne sont pas capables de vivre sans supervision de la société comme des enfants qui feraient mieux de laisser les adultes décider pour elles, ça m'énerve un chouïa. Je ne sais pas si ça se sent...

Vous allez me dire, les pro life ne sont plus à une outrance près...déjà, rien que leur nom, comment on peut se baptiser " pour la vie " quand on revendique de laisser une femme crever d'une fausse couche plutôt que de lui permettre d'avorter? (Exemple irlandais et véridique) D'ailleurs, statistiquement, les pro Life aux États Unis sont aussi pro peine de mort, c'est curieux...mais je m'éloigne du sujet. Je ne comprends pas ce besoin de se mêler de la vie des autres en général et des femmes en particulier. C'est tout à fait leur droit d'être contre l'avortement si ça les amuse, ces braves gens, mais pourquoi au nom de leurs idées (moisies, rétrogrades, imbéciles, sexistes, fascistes, criminelles...ne rayez pas la mention inutile, il n'y en a pas), imposer leur vue à tous et à toutes? Je déteste les épinards, mais il ne me vient pas à l'idée d'interdire à la terre entière d'en manger! Légaliser l'avortement n'a jamais voulu dire obliger qui que ce soit à avorter. L'interdire par contre, oblige des femmes à mettre en danger leur santé physique et mentale. De quel droit ces pseudo bien-pensants osent-ils jouer aux dieux avec la vie des autres? De quel droit se permettent-ils de décider du bien et du mal? De quel droit réduisent-ils la moitié de l'humanité à des utérus sans cervelle, sans volonté propre?

Pendant ce temps, certaines prétendues féministes sombrent dans l'obscurantisme total qu'elles pensent pourtant dénoncer, elles distribuent bons points et anathèmes entre elles, éructent dictats et condamnations internes, enfermées dans leurs sectarismes, en vraies idiotes utiles de ce qu'elles croient combattre. Je n'aime pas les citations, mais là, c'est difficile de ne pas caser Simone de Beauvoir: N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. On y est.

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