Capillairement confinée

C'est fou comme ce confinement quasi planétaire rapproche des gens qui n'avaient rien en commun au départ...Visiblement, la pousse désordonnée voire incontrôlée des cheveux pose problème à beaucoup. Je ne parle pas des zombies décérébrés supporters de Trump, la baudruche orange javelisée, qui manifestent bien agglutinés, en exigeant d'aller chez le coiffeur. D'ailleurs je suis pour, laissez-les donc y aller, de préférence chez un coiffeur qui tousse bien. J'ai toujours été une fervente darwiniste, mais je m'emporte...je disais donc que les cheveux deviennent une préoccupation majeure pour beaucoup depuis le confinement. Ça peut paraître futile, mais pas du tout. On a tous besoin de normalité et l'image de soi est importante quand on ne sait plus où on en est. Alors, je me suis dit qu'en tant qu'ébouriffée professionnelle, je pouvais aider ceux qui découvrent, horrifiés, ce que ça fait de vivre avec un buisson à l'état sauvage sur le crâne. Je maîtrise.

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Déjà, j'ai renoncé depuis des années à aller chez le coiffeur. Non seulement je ne supporte pas qu'on me touche le crâne, c'est physique, ça me hérisse (et je n'ai vraiment pas besoin de ça, je fais déjà Jackson five après électrocution), mais je ressortais toujours avec une coupe de caniche gominé qui me désespérait encore plus que la tête de Chewbacca permanentée que j'avais avant l'intervention du débroussailleur coiffeur. De toute façon, malgré tous les efforts des professionnels capillaires, rien n'a jamais réussi à me donner l'air coiffée, ni laque, ni amidon, ni béton armé. On peut faire ce qu'on veut avec mes cheveux, ça rebique, ça pouïque, ça part dans tous les sens sauf celui qu'on voudrait. Ma pauvre maman (qui m'a refilé cette malédiction capillaire qu'elle tient de sa propre mère) essaie encore, vaillamment, mais rien n'y fait. N'ayant pas sa patience, j'ai décidé depuis longtemps de procéder à mon débroussaillage moi-même et j'en suis très contente. Je commence même à maîtriser suffisamment pour que L'Ado me réclame, confinement oblige, de m'occuper de ses cheveux, et tu fais une coupe décalée, comme ça tu vois. Je vois et, à ma grande surprise, j'y arrive suffisamment pour qu'il soit satisfait du résultat. Tout ça pour dire que, si vous ou votre entourage n'en pouvez plus, de toutes ces longueurs, ce n'est pas si difficile que ça, avec un bon matériel ( tondeuse et ciseaux de coiffeur, moissonneuse-batteuse, ce genre de chose) de se couper les cheveux à domicile, et de toute façon, ça repousse!

Cela dit, par solidarité avec les naufragés capillaires du confinement, j'ai décidé d'innover. Voilà que j'ai changé de coupe. C'est à dire que plutôt que d'élaguer tout ça au taille-haie petit bonheur comme d'habitude, j'ai tenté de me faire une " vraie coupe ", forte de mes expérimentations réussies sur la tête de L'Ado. Dans la foulée, j'ai renoncé à mon roussi-cramé-carbonisé qui allait pourtant très bien avec ma coiffure de butagaz après explosion. Voilà que je suis à nouveau brune alors que ça ne m'était pas arrivé depuis des années. Mais surtout, surtout, j'ai abandonné mes serres-tête. J'en suis toute retournée...j'ai hésité à sortir comme ça pour aller chercher ma commande hebdomadaire de 25 tonnes chez le boucher, j'avais l'impression d'être toute débraillée nue. Je mets des serres tête depuis trente ans ou presque, pour deux raisons: ça maintient vaguement ma tignasse ébouriffée, et ça m'évite d'avoir la même tête que ma maman (je ne lui ressemble pas qu'au niveau capillaire. Par contre, je me suis faite avoir pour la couleur des yeux, mais je m'éloigne du sujet). Et voilà que je me promène comme ça, sans rien d'autre que ma broussaille tordue sur le crâne.... c'est un essai, je pars du principe que personne n'ayant l'air coiffé en ce moment, je me perds dans la masse, exceptionnellement. Et bien pas du tout, la vendeuse à la boucherie m'a complimenté sur ma nouvelle coiffure. Ça ne m'était jamais arrivé, même (surtout) du temps où je dépensais des sommes démentielles et mes dernières illusions capillaires chez le coiffeur. La vendeuse avait même l'air un peu jalouse, j'ai dû expliquer que je l'avais fait moi même, coupe et couleur. Elle s'est montrée vivement intéressée, limite insistante, non je ne prends pas de client, je ne suis pas coiffeuse. Mais c'est très gentil de me demander.

Et voilà, grâce au confinement et pour la première fois de ma vie, j'ai l'air coiffée, enfin autant que les autres. Je n'en reviens pas. Tout ça pour dire aux angoissés du début qu'il n'y a aucune raison de vous en faire. Ne stressez plus à cause de vos cheveux. Au contraire, profitez-en pour tenter des trucs...Si même une ébouriffée permanente comme moi parvient par hasard à avoir l'air normal en ces temps de disettes capillaires, vous ne risquez rien, vous y arriverez sans problème.


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