Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant : épisode 12

J'ai décidé, dans l'espoir de détendre l'atmosphère à ma petite échelle en cette période de confinement, de massacrer l'histoire de l'Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l'épisode précédent: le petit Richard Plantagenet, plus connu sous le sobriquet finalement assez gore de " cœur de lion ", abandonne les anglais à leur sort pour aller faire carrière à Hollywood partir en croisière en Méditerranée.

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Richard fait du camping devant Jérusalem pendant presque un an, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Ses vacances au soleil se terminent, il prend le bateau du retour en 1192. Et là, catastrophe, il fait un temps pourri, en tout cas, c'est l'excuse officielle pour expliquer l'erreur de navigation mais il fallait être sacrément bourré pour se retrouver à Venise au lieu de Douvres. C'est quand même assez éloigné...Richard se fait bêtement capturé par Henry, l'empereur germanique, qui réclame une rançon démentielle pour le laisser partir alors que franchement, vu comme il a l'air sympa, le Richard, on aurait pu penser que Henry aurait payé pour s'en débarrasser, plutôt que de le garder chez lui.

Le pauvre Jean sans terre, le petit frère de Richard, qui gère les affaires courantes à Londres pendant qu'Aliénor se désintéresse du sort des anglais et préfère son Aquitaine, doit racler les fonds de tiroirs pour payer la rançon de son abruti d'ainé et non pour s'en mettre plein les poches personnellement, contrairement à ce que veut croire la légende qui a vraiment l'esprit mal tourné et cette phrase commence à être très longue. Bref Jean/John se tape une réputation de méchant assoiffé d'or juste parce que son frère n'avait pas le sens de l'orientation. C'est scandaleux, à sa place, je ferais un procès a Disney, tiens.

Une fois libéré, Richard se décide soudainement à venir faire un petit coucou aux anglais, merci pour vos impôts et pour la rançon, les gars, c'est sympa, surtout continuez. Il repart en France aussitôt, où il continue à taper sur tout le monde. Il finit par mourir en plein siège de Chalus en 1199. C'est bien fait. Et donc, c'est cette espèce de sale type coléreux à la moralité douteuse qui passe pour un héros, alors que ce pauvre petit John, qui a tenu la boutique pendant tout ce temps et payait des sommes astronomiques pour aider son grand frère, qui se soucie de sort de ses sujets anglais comme de son premier coup d'épée, est accusé d'être le méchant...je suis outrée. Le petit Jean finit par succéder à son frère, et on se dit que ça y est, la chance va lui sourire. Raté. Comme il n'est pas connu pour être un psychopathe sanguinaire, lui, ses barons décident courageusement d'en profiter pour faire leurs malins.

Il faut dire que bien avant que les français pensent à élaguer des têtes couronnées, les barons anglais mènent la vie dure à leur roi. Ils ont obligé le petit Jean reconnaître un début de parlement (avec uniquement des nobles, on ne va pas s'encombrer avec des bouseux non plus, faut pas rigoler), et à ne pas se prendre pour le chef ou faire son malin avec sa couronne ridicule. John n'a rien à voir avec un lionceau hystérique ou un psychopathe mal coiffé en collants. J'insiste, il ne ressemble pas du tout à son image de méchant dans l'histoire de Robin de Bois (qui n'a d'ailleurs jamais existé, j'en ai parlé ici). Par contre, Jean est vraiment très peu doué militairement et passe son temps à se prendre des pâtées contre les français. Il perd une partie des terres françaises de ses parents. C'est ballot. C'est donc ce moment là que les barons anglais choisissent pour se révolter aussi et obligent ce malheureux John a signé la fameuse Magna Carta. Elle limite théoriquement les pouvoirs royaux, pose les bases d'une justice indépendante et crée un embryon de parlement. John meurt en 1216, probablement d'écœurement. Les avis sont partagés: les cinéastes en mal d'imagination et Disney le tiennent au mieux pour un être ignoble et avare, au pire pour un loser total, les historiens penchent pour un roi qui a su gérer correctement le pays et le moderniser, ce qui est plutôt une bonne chose pour la population qui en a bien bavé avant.

Bon par contre soyons clair, la magna carta est certes une avancée extraordinaire et inédite à l'époque, mais pas mal de rois anglais, à commencer par Jean lui-même se sont gentiment assis dessus (c'est une image, ce n'est pas un coussin non plus), même si ils la ratifiaient religieusement en arrivant au pouvoir, par politesse. Ce chef d'œuvre administratif a aussi été écrit par 25 barons anglais aux noms très, très français (William de Sainte mère l'église, Guillaume Longuespée, Philippe d'Aubigny...). Ils ne pensaient absolument pas aux libertés du pèquenot de base, mais juste à leurs propres intérêts. Ce n'était qu'un traité de paix comme un autre entre le roi Jean et ses barons, qu'aucun des signataires n'a jamais eu l'intention de respecter. Mais ça a permis aux anglais d'espérer souffler un peu, entre invasions, guerres civiles, famines, ils ont donné avant le treizième siècle! Oui ben, désolée pour eux, mais c'est pas fini...


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