Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Camp allié sur le site Hillman

Il y a deux ans, nous avions passé quelques jours en famille sur la côte normande, avec l’objectif de découvrir les sites emblématiques du Débarquement. Nous avions adoré ce week-end et avions été surpris du nombre et de la diversité des lieux de visite. En 2 jours pleins, nous nous étions concentrés sur le partie anglo-américaine de la côte, d’Utah Beach à Arromanches, avec l’idée de revenir !

Ce qui fut chose faite début juin, dans le cadre des célébrations du 75ème anniversaire du Débarquement.

Et cette fois-ci, nous avons souhaité d’une part profiter des nombreuses manifestations organisées dans le cadre du D-Day festival, d’autre part découvrir la partie anglo-canadienne du parcours (secteur Juno-Sword), entre Courseulles sur Mer et Ouistreham sur la côte, et dans les terres du Calvados. Ce n’est clairement pas la zone où les plus grosses manifestations étaient organisées, mais nous ne tenions pas non plus à affronter une foule et une circulation trop denses.

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Crédits : Normandie tourisme

Voici le programme que nous avons suivi :

J1

  • Fin de matinée : Pégasus Bridge à Bénouville
  • Après-midi : parade de la Libération à Bretteville l’Orgueilleuse, Centre Juno Beach à Courseulles-sur-Mer

J2

  • Matinée : Site Hillmann à Colleville-Montgomery, balade à Ouistreham
  • Début d’après-midi : expositions de véhicules britanniques à Tilly-sur-Seulles

Quand les lieux historiques reprennent vie, place à la fête !

Arrivant en Normandie le samedi en fin de matinée, nous avons choisi de nous diriger vers Bénouville, au Nord de Caen, pour découvrir un pont. Un pont oui, mais pas n’importe quel pont !

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Le pont levant de Bénouville, construit en 1935 sur le canal parallèle à l’Orne, est l’unique point de passage entre Caen et la mer, et donc hautement stratégique pour la progression des troupes alliées. Le 6 juin 1944, il est pris en quelques minutes par les parachutistes britanniques de la 6th British Airborne Division dont le cheval ailé Pégase était l’emblème. Le lieu sera âprement défendu les jours suivants pour garantir le succès de l’opération Overlord. Il recevra le nom de Pegasus Bridge en leur honneur, à la fin de la guerre.

Le pont initial a été remplacé en 1993 par une reproduction plus adaptée à la circulation automobile actuelle. Le pont original, plus petit, se trouve désormais dans l’enceinte du Musée Mémorial Pegasus qui se trouve à quelques mètres de là, de même que la réplique d’un planeur Horsa ou encore un char Centaur. On peut le voir depuis l’extérieur.

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

En ce week-end de célébrations, les touristes sont nombreux, un joueur de cornemuse en kilt nous gratifie d’un interlude musical, et de nombreux groupes de passionnés en costumes militaires d’époques se mêlent aux visiteurs, laissant leurs jeeps et autres véhicules stationnés un peu partout, c’est chouette !

Nous jouons des coudes également pour admirer le café Gondrée, officiellement première maison libérée de France ! La bâtisse de brique rouge, ornée de nombreux drapeaux, fit office d’hôpital de fortune pour quelques heures, puis devint le pc du Major Howard qui commandait les 180 hommes de la 6ème division. Aujourd’hui il est remplit (et c’est peu dire) de souvenirs, affiches, photos… tout un bric-à-brac d’objets anciens qui lui donnent une allure très particulière !

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Nous avons pris ensuite la route de Bretteville l’Orgueilleuse, un petit village dont la localisation était également stratégique, permettant de contrôler une partie de la route nationale 13 qui relie Caen à Bayeux. Nous y avons assisté ) une  petite parade de la Libération. Rien de grandiose mais un moment émouvant au cours duquel les habitants en tenue d’époque, des passionnés, des groupes de reconstitution, des propriétaires de véhicules civils ou militaires anciens et des musiciens s’étaient rassemblés pour nous offrir un beau spectacle. Une parade d’avions était prévue, mais n’a pas eu lieu malheureusement, dommage… En tous les cas nous nous sommes régalés avec le pipe band écossais !

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Le sosie officiel de Winston Churchill était là !

Le Débarquement vu de l’autre côté de l’Atlantique

Après ce bon moment, nous avons filé vers la côte, où nous avons envie de visiter le Centre Juno Beach, musée qui évoque l’effort de guerre civil et militaire du Canada. Nous avons commencé par admirer une exposition de véhicules militaires anciens sur le parvis, et parcourir la plage et le parc Juno. Cette zone de 1500 mètres de long, connue des Allemands sous le nom de Stütztpunkt (Point d’appui) 31, faisait partie du Mur de l’Atlantique: ce système de défense comportait une trentaine de bunkers et positions défensives, dont trois canons antichars et 12 mitrailleuses. On peut découvrir les différents bunkers en visite guidée uniquement. C’est sur cette plage qu’a eu lieu cette année la cérémonie internationale du 75ème anniversaire, des couronnes et des drapeaux en témoignaient.

plage Juno Beach

Il faut compter 1h30 de visite environ pour le Centre Juno. Comme tous les musées du Débarquement, il est thématique. Dans l’exposition permanente, on découvre le contexte canadien de l’époque, l’effort militaire important de cette nation (plus d’un million de femmes et d’hommes s’engagent volontairement), et la contribution du pays en termes de soutien logistique, de production industrielle, etc. L’exposition temporaire Grandes femmes dans la guerre 1939-1945 (visible jusqu’au 31 décembre 2020) présente des portraits variés et intéressants. Des contenus très riches, un accueil chaleureux, mais énormément de lecture… pas forcément le plus adapté aux enfants. Par contre un parcours jeune public (gratuit, information donnée à l’accueil, une inscription par famille) permet aux enfants, grâce à des bornes interactives dans chacune des salles, de cumuler des points et d’avoir une petite surprise à la sortie. Un musée intéressant pour son histoire, mais il présente plus de texte que d’objets et n’est pas aussi visuel que le musée d’Utah Beach que nous avions découvert il y a deux ans.

A noter les tarifs intéressants (gratuité pour les moins de 8 ans et forfait famille 2 adultes et 3 enfants maxi à 23€), et la possibilité de coupler un musée, un site historique en extérieur et une plage sur un même lieu.

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

La soirée s’est ensuite écoulée calmement, avec une balade entre Luc sur Mer et Lion sur Mer, petites stations balnéaires de la côte de nacre, ambiance tranquille, jolies plages… et restaurants bondés ! Nous avions réservé une nuit au camping la Capricieuse, à Luc sur Mer. A noter que si ce camping était très bien, nous n’avons pas eu vraiment le choix, car les locations comme les emplacements sont réservés partout dans la région des mois à l’avance ! Pensez-y si vous voulez venir l’année prochaine début juin…

photo plage

photo camping

La guerre souterraine des Allemands

Le lendemain, nous nous sommes dirigés vers Colleville-Montgomery, à la découverte du site Hillman (spoiler : mon coup de coeur du week-end !). Sur les hauteurs de Ouistreham, ce poste de commandement allemand, l’un des plus grands, était un point de défense stratégique. Sur 24 hectares, les soldats édifièrent 18 casemates et ouvrages souterrains qui ont abrité une soixantaine d’hommes.

Déblayé depuis la fin des années 1980 par les Amis du Suffolk Régiment (du nom de la troupe qui conquit de haute lutte ce point le 7 juin 1944), le site est ouvert à la visite et commenté par les bénévoles qui ne comptent pas leurs heures pour le restaurer, le meubler en allant chercher du matériel aux 4 coins de la France. C’est un lieu très parlant visuellement, bien mis en valeur et expliqué avec passion, qui plaira aux grands comme aux petits, à ne pas manquer ! Il est par ailleurs complémentaire et différent des autres sites (je pense à la pointe du Hoc notamment) que nous avions déjà visités.

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Entrée libre et gratuite, on donne ce que l’on veut pour aider l’association. 2 bunkers sont ouverts à la visite, voir calendrier d’ouverture sur le site.

De plus ce lieu est chaque année occupé par des collectionneurs qui reconstituent un camp allié à l’occasion des festivités de l’anniversaire du Débarquement. Nous avons pu (encore une fois !) admirer de nombreux véhicules et des mises en scène, et les enfants ont eu la joie de monter dans une jeep Willis de 1913, un bonheur !

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Enfin, sur la route du retour, nous nous sommes arrêtés à Tilly sur Seulles, où stationnaient 200 véhicules du 30ème corps britannique. Encore une fois un régal pour les yeux, pour les amateurs de véhicules !

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Sur les traces du Débarquement en Normandie (acte 2)

Petites considérations pratiques

Chaque année, un programme est disponible en ligne, qui recense les défilés, les cérémonies officielles, les camps de reconstitutions, les animations…. Tout ne se concentre pas sur le 6 juin, les manifestations vont de fin mai à mi-juin. Nul doute que vous trouverez votre bonheur ! Et les nombreux sites historiques et musées sont ouverts toute l’année, il y a de quoi faire.

Concernant les camps de reconstitution ou les rassemblements de véhicules, sachez également que les reconstitueurs ne restent pas toute la journée sur place mais participent aux différents défilés et parades. Il est donc possible que les véhicules soient absents lorsque vous arrivez sur un camp, ou que vous les croisiez en vous baladant ailleurs ! Cela a été le cas du joueur de cornemuse de Pegasus Bridge que nous avons retrouvé à Bretteville, des véhicules stationnés à Hillman et à Tilly qui sont partis peu après notre arrivée et que nous avons croisés plus tard à Ouistreham. Mais ouf, nous avons eu le temps de les admirer à chaque fois, de même que les uniformes des reconstitueurs, qui sont aussi touristes.

En complément, si vous souhaitez savoir d’où viennent les noms de code des plages du Débarquement, je vous conseille cet article très instructif.

Et si comme moi, vous avez envie d’évoquer en famille cette période sombre de notre histoire, voici une sélection de livres jeunesse sur la thématique de la guerre, validée et approuvée par moi-même et mes enfants.

Et vous, est-ce que le tourisme historique ou de mémoire vous intéresse ? Prenez-vous parfois prétexte des passions ou programmes scolaires de vos enfants pour vous balader ?

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