La révolution du petit requin, an I


Comme promis, voila un petit bilan de la transformation de la maison du petit requin. Je rappelle que le propriétaire qui vivait ici pendant la deuxième guerre mondiale élevait un petit requin dans le jardin, le bassin est toujours là, d’où le nom qu’on a donné officieusement à la maison. On l’a achetée à un couple charmant mais plus vraiment capable de l’entretenir depuis des décennies (ils avaient 94 et 97 ans). Ça se voyait. Beaucoup. Les travaux les plus lourds ne se sautent pas forcément aux yeux, il a fallu faire refaire entièrement l’électricité, le chauffage, l’isolation, et rénover la toiture. Ça a été une joie. Ou pas. On a aussi participé activement, en ponçant, peignant, posant du parquet, peignant, raclant, peignant, isolant, peignant…ça avance doucement.

On a commencé par la cuisine dès notre arrivée, il y avait urgence. Je n’osais pas y mettre les pieds tellement c’était répugnant. Les placards se seraient effondrés tout seuls si ils n’avaient pas été tenus par plusieurs couches épaisses de poussière solidifiées à la graisse rance. Le carrelage, débarrassé de strates de crasse huileuse était en fait blanc, jaune et vert assez vif et irrécupérable. Celui à côté de l’évier était au départ rouge. Si. On a découvert des strates et des strates de papier peint, mais aussi de carrelages muraux au petit bonheur la chance, des fausses cloisons, un conduit de cheminée déguisé en placard…il a fallu faire tomber le plafond, refaire la chape…un bonheur. Répugnant, à vomir, cauchemardesque, ne suffisent pas à décrire cette chose qui voulait se faire passer pour une cuisine. Il a fallu deux mois de travaux intenses pour en arriver à bout.

La révolution du petit requin, an I

On a enchaîné avec la salle de bains qui était du même style que la cuisine, mais en pire niveau deco. En fait, toute la pièce était en état de décomposition…les joints, mais aussi le plancher (il a fallu changer des poutres) qui penchait dangereusement, planqué sous sa moquette revenue à l’état sauvage, et le magnifique tissu rouge et doré recouvrant les murs et le plafond. C’est curieux comme texture quand même, c’est quoi? De la paille. Ah. Il y a donc des gens qui ont eu l’idée remarquable de teindre de la paille en doré et de la mêler au tissage à des fils rouges, tout ça pour le coller dans une salle de bains.Voilà. Je passe sur le rose fushia, le papier peint avec baigneuses Art Deco trouvé derrière les fausses cloisons, et la mousse isolante sous la baignoire…

La révolution du petit requin, an I

Comme on y est allé à fond, on a refait les chambres en même temps, c’est à dire l’isolation, le placo sur les murs et les plafonds qui étaient tous artistiquement recouverts soit de tapisseries fleuries soit de plaques de polystyrène à volute. Un regal pour les yeux. La salle d’attente du docteur au petit requin est aussi devenue une salle de bains, on en est très content. Je vous mets les photos des chambres telles qu’elles étaient sur la brochure de l’agence. On ne voit pas les moisissures, les moulures vermoulues ni la moquette gluante.

La révolution du petit requin, an I

Pour les chambres après, seuls Wizzboy, PrincesseChipie et KnigthyDiva ont accepté de montrer les leurs. Les lits mal faits (y compris dans notre chambre, ça doit être générique…) et le bazar, c’est pour le côté « pris sur le vif ». Les cadrages mal fichus aussi. Finalement, je critique toujours les agents immobiliers, mais j’ai réussi à faire paraître les chambres plus petites alors que eux arrivent toujours à faire croire sur les photos que les pièces sont 4 fois plus grandes qu’en vrai.

La révolution du petit requin, an I

On a presque fini la salle à manger…il nous reste à refaire le parquet, c’est prévu pour le printemps. On a eu la grande joie de retrouver les portes de placard planquées sous des tonnes de poussières et vieilleries diverses et vermoulues dans le grenier (pendant qu’on faisait restaurer la toiture et isoler la chose). Après nettoyage, ponçage, reponçage et peinture, on est très content du résultat. On a même remplacé l’immonde baie vitrée par des portes fenêtres reprenant le design des originales, aussi retrouvées dans le grenier mais malheureusement irrécupérables.

La révolution du petit requin, an I

Le salon lui est entièrement fini. Il faut juste revernir le parquet…le plafond était donc vert foncé avec des roses, la corniche beige crado tout comme les moulures autour de la fenêtre et de la porte, et les murs saumon avarié. A la lumière électrique, c’était carrément à vomir. Le saumon pré digéré luisait vaguement sous son lit d’épinards bubonesques. Beuh. Maintenant, le plafond est blanc et les murs Bordeaux comme dans la salle à manger. C’est une chance que j’aime cette couleur, il m’a fallu faire 5 couches, à la perche vu la hauteur de plafond. Youpidoo.

La révolution du petit requin, an I

Il nous reste encore le bureau, avec sa trappe condamnée qui mène à la cache pour aviateur anglais à la cave, ses lambris et sa tapisserie au plafond, mais le gros œuvre est fait. Pareil pour le snug, la pièce fourre-tout, à la fois salle de jeux pour les enfants, bibliothèque et chambre d’amis qui attend que Maricheri arrache la moquette multimilléaire et que je ressorte ma perche pour peindre. On a encore l’entrée, le couloir, les deux paliers à attaquer, les escaliers à poncer et revernir mais on doit attendre que le plâtrier y refasse les plafonds. On a profité des vacances de noël pour finir la verrière…on a encore de quoi s’occuper, sans parler de l’extérieur! Mais la maison du petit requin reprend vie et nous révèle peu à peu son histoire. On y arrivera. Peut être.


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