Battle of the Boyne


Suite à mon top 10 d’hier, je me suis rendue compte qu’il y a aussi très longtemps que je n’ai pas massacré sauvagement l’histoire anglaise. Certes, ça n’intéresse pas grand monde, mais ça m’amuse. C’est d’autant plus ballot que j’avais trouvé un prétexte pour continuer alors qu’on ne vit plus en Angleterre. Entre le nombre de Royals et autres célébrités historiques anglaises d’origine plus ou moins française et les échanges pétulants entre les deux pays au cours des siècles, il y a du matériel. Mais question rapports compliqués avec l’Angleterre, c’est quand même l’Irlande qui remporte la palme. Pendant longtemps, je me suis retenue d’en parler, c’est à dire tant qu’on vivait en Angleterre. J’avais peur d’être biaisée, pour cause irlandophilie affirmée. Déjà, j’ai pondu 3 irlandais, munis officiellement de la double nationalité et de deux passeports, alors que l’état britannique lui, a refusé de reconnaître mes deux gamins nés sur son sol… Enfin bref, je ne vois pas pourquoi je ne me lâcherai pas maintenant.

Battle of the Boyne

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Ça tombe bien (ce hasard quand même…), c’est l’anniversaire orange de la bataille de la Boyne, riante boucherie qui a eu lieu à Drogheda, où on a vécu. C’est une des batailles les plus célèbres de la guerre entre catholiques et protestants anglais, comme quoi, c’est une coutume ancestrale dans le coin de se taper dessus pour de sombres querelles religieuses. Et puis, les anglais ont raison, pourquoi ne pas exporter ses guerres civiles jusque dans les colonies, chez les ploucs qui doivent s’ennuyer tous seuls sans le moindre massacre, la plus petite tuerie pour s’amuser un peu? …On en rit encore à Drogheda alors que cette charmante sauterie date de 1690. En même temps, pour une  fois que les anglais venaient en Irlande pour se trucider entre eux sans se soucier des locaux, il ne faut pas trop se plaindre. Bon après, vous savez ce que c’est dans ce genre de fêtes populaires, il peut toujours y avoir des dégâts collatéraux…On a habité juste en face du site. C’est un champ légèrement en pente et boueux, mais il est classé et attire plein de touristes, y compris des illuminés qui prennent sur eux de se tirer dessus à l’arquebuse pour recréer une charmante ambiance d’époque. En bas de la pente, vous avez la rivière Boyne, et sur le champs en face, on a construit des maisons, dont celle où on habitait (vous voyez la rangée de maisons sur la droite, juste après le pont? J’ai artistiquement fait un infâme gribouillis rouge dessus), voilà c’est fascinant.

Revenons à la bataille. Deux ans plus tôt, en 1688, les anglais avaient poussé dehors leur roi le petit James II, pourtant roi légitime, mais catholique, bouh le méchant. Ça avait permis à sa cousine Mary et à son mari William d’Orange de monter sur le trône vacant. William étant évidement le mari de Mary, pas celui de James. Qui était aussi son cousin. Je veux dire que William est aussi le cousin de Mary, comme James, mais pas son cousin à lui…c’est très clair. Non mais c’est quoi cette famille? On se croirait dans une telenovelas mexicaine! Enfin bon, Mary et William sont farouchement protestants et pas comiques du tout, limite puritains et tout ça (en même temps la consanguinité n’a jamais engendré de grands humoristes) et ils ont bon être de sales migrants européens, pour ne pas dire presque des hollandais, à la différence de James qui est issu d’un élevage du coin d’une lignée plus locale (quoique, c’est tous des cousins, mais je ne recommence pas à me perdre dans leur arbre généalogique, à ces petits pervers congénitaux), ça enchante les anglais. Les irlandais qu’on a rattaché à Londres sans leur demander leur avis, parce qu’on ne va pas se gêner non plus, préfèrent James, en partant du principe qu’un colonisateur qui a la même religion qu’eux ne va pas essayer de les convertir de force. Ça fait toujours un prétexte de moins pour se faire taper dessus. Ça se tient comme raisonnement…James se fait battre en Angleterre, du coup il fuit en Irlande où il est accueilli à bras ouverts. Ça défrise William et Mary et paf, tout ce petit monde vient se disputer le trône anglais dans un champ paumé en Irlande. James recrute des catholiques irlandais, William des protestants de l’Ulster (il y a 4 provinces dans toute l’île, ça ne date pas de la partition), et voilà comment ces sombres cretins ont fait en sorte que leur querelle familiale continue à ensanglanter l’Irlande jusqu’au Good Friday Agreement en 1998. Bon à part ça, William d’Orange est déclaré vainqueur aux points et James s’enfuit en France. Voilà.

Et donc, pour célèbrer cette boucherie infâme des cretins modernes unionistes défilent habillés en orange tous les ans et viennent faire leurs malins à la frontière entre l’Irlande du nord et la République en réclamant le droit d’aller mettre leur bazar jusqu’à Drogheda. C’est scandaleux, on ne peut plus s’étriper tranquillement, comme au bon vieux temps. Heureusement que Zaza, dans sa grande sagesse brexiteuse a réussi à raviver les inimités et a compliqué suffisamment la situation pour que ça s’embrase à nouveau bien vite tout ça. Bref, ça risque encore d’être la pagaille en Irlande, toujours à cause des anglais et de querelles politiciennes purement anglaises…


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