L’année d’Eva à Salamanque, Espagne

Les Erasmus sont souvent une première découverte de ce qu'est l'Aventure du voyage. Ce fut très clairement le cas pour Eva. C'est grâce à son année d'Erasmus dans la belle ville étudiante de Salamanque qu'elle a apprit la vraie valeur du voyage.

Peux tu te présenter ?
Je m'appelle Eva, j'ai 32 ans. Je suis passionnée de voyage, d'écologie et de cuisine.

L’année d’Eva à Salamanque, Espagne

Avant ton Erasmus, avais-tu déjà vécu à l'étranger ? Ou voyagé seule ?
Avant mon Erasmus, je n'avais jamais vécu à l'étranger.
J'avais fait quelques voyages à l'étranger (Tunisie, Italie) avec mes parents mais tout cela était très nouveau pour moi. L'année d'avant, ma mère m'avait payé 2 semaines de cours en Angleterre. C'était la première fois que je partais vraiment seule et que je rencontrai des gens de nationalités aussi différentes. Je logeai dans une famille. J'avais adoré ce côté international et de me " plonger " dans une autre langue. Mais c'était court. Pour mon Erasmus en Espagne, je m'engageai pour 10 mois de cours et de vie là-bas.

Pour quelle raison as-tu choisi Salamanque ?
En 2004, après le décès d'un proche, je n'allais pas très bien. J'avais envie d'ailleurs, de changer de rythme. Deux amies proches ont aussi décidé de faire un Erasmus. Je ne me rappelle plus qui l'a décidé en premier, mais cela m'a motivé pour postuler aussi.

J'ai toujours aimé l'espagnol. J'avais de bons souvenirs du collège, grâce à ma super prof : Madame Lafranceschina. Ma fac d'histoire proposait des échanges en Espagne, dont un à Salamanque, que je ne connaissais pas du tout. Ville étudiante par excellence, le choix n'a pas été difficile.

Quel était ton niveau d'Espagnol à ton arrivée ?
Quand je suis arrivée, je parlais très peu la langue. J'avais quelques restes du lycée mais ce n'était pas suffisant pour tenir une conversation digne de ce nom. Je me rappelle avoir fait un test avant de partir, ce n'était pas terrible. La secrétaire chargé des dossiers d'Erasmus a essayé de me dissuader de partir, vu mon faible niveau. Mais je ne me suis pas laissée démonter, j'étais très motivée pour apprendre. Pendant l'année, ma tante, qui parle un peu espagnol, m'a donné des cours, surtout de grammaire.
En arrivant, l'université proposait 3 semaines de cours intensifs. Au début, la prise de notes lors de mes cours ne ressemblait pas à grand-chose... Je traduisais beaucoup en français. Je ne parlais qu'au présent. C'était parfois frustrant. Quand on veut faire une blague mais que du moment où on l'a formule dans la langue en question, nos interlocuteurs ont déjà changé de sujet ! En décembre, j'ai discuté 1h30 avec ma voisine de siège de l'avion qui me ramenait en France pour Noël et là j'ai réalisé que je parlais enfin couramment ! J'étais très fière de moi.

Cela a t'il été difficile de s'adapter à un pays à une culture différente de la nôtre ?
L'Espagne est en même temps similaire et assez différente de la culture française.
Similaire dans le sens où il y a une certaine culture et un héritage européen (enfin d'Europe de l'ouest). Et différente sur d'autres points. Comme le rythme de vie par exemple. Je me suis vite adaptée, au déjeune/sieste entre 14 et 16h, à marcher très doucement à l'heure du paseo de 18 heures (tout le monde se balade tranquillement dans la ville) et aussi à avoir toujours un petit quart d'heure de retard (habitude que j'ai conservé depuis !).
J'étais trouvé que les espagnols étaient très pratiquants.
Petite anecdote rigolote : en début d'année, seuls les étudiants Erasmus étaient à l'heure et venaient en cours. En effet, en Espagne, il est très courant de venir une semaine après le début des cours et toujours 15 minutes après le début des cours.

Qu'as tu pensé de la vie là bas ?
J'ai adoré la ville, qui pour moi est le mélange parfait entre culture et vie étudiante. La plaza mayor (place principale) est magnifique. J'ai adoré le concept de tapas. J'ai bien aimé aussi la façon de parler, à l'espagnol, beaucoup plus direct qu'en français. On tutoie plus facilement par exemple.

Comment as tu trouvé ton hébergement sur place ?
Avant de partir, j'avais trouvé, via internet, un appartement en colocation avec une chinoise et une espagnole. Après 3 semaines, il ne me convenait plu (il était sombre, loin du centre et ma colocataire chinoise était assez étrange) et j'en ai trouvé un autre. Mon objectif était de vivre avec des hispanophones, pour améliorer mon niveau. Finalement j'ai vécu avec une espagnole (rencontré lors d'un intercambio : c'est une annonce que j'ai trouvé à la fac, pour organiser des conversations en français et en espagnol) et une française, rencontrée à la faculté d'histoire. En janvier, ma colocataire française et moi ne nous entendions plu avec notre colocataire espagnole, nous avons décidé de déménager (5 heures d'aller-retour, avec comme moyen de transport nos 2 valises) dans un autre appartement. Nous étions 5 : 2 espagnols, une irlandaise et nous deux. Nous y sommes restés jusqu'à la fin.

Y a t'il eu des rencontres et des moments forts ?
La rencontre avec ma colocataire française, Jeannie, qui a été mon " pilier " amical pendant toute mon année. Nous faisions quasiment tout ensemble : aller à la faculté d'histoire, au sport, en sortie. J'adorais aller dans sa chambre les lendemains de soirée arrosées et refaire la chronologie de la soirée ensemble. Il faut dire que nous buvions pas mal et les " trous " de mémoire étaient assez nombreux. Nous restions dans sa chambre en pouffant et revivant les anecdotes pendant des heures. Elle reste, 12 ans après, une amie proche et nous nous voyons toujours.
Une autre amie que j'ai rencontré via la faculté, Luisa, perdue de vue un an après mon retour. J'étais aussi proche de mon colocataire Eduardo.

Les moments forts ont été :
- Le jour de mon départ. Triste de laisser mes amis (j'avais beaucoup pleuré) et mon copain de l'époque. Mais je me rappellerai toujours de l'esquisse de ce sourire, en fermant la portail de la maison, quand ma mère m'attendait pour partir. J'étais sûre de mon choix et que ce voyage devait se faire.
-Mon installation dans mon premier appartement. Ma mère et ma tante m'ont accompagné en voiture (Une trotte depuis Grenoble, une quinzaine d'heures de voiture) et m'ont déménagé et soutenu pour le début de cette expérience. Elles sont restés quelques jours puis sont reparties.
-L'arrivée de ma sœur (14 ans à l'époque) qui voyageait seule pour la première fois. Je me rappelle l'attendre, un peu stressée, à l'aéroport de Madrid. C'était la première fois que nous voyagions toutes les deux. Depuis plusieurs années, nous perdurons cette tradition et essayons de voyager une fois par an toutes les deux.
- Ma visite en Andalousie d'une amie proche, qui habitait à Grenade et qui faisait aussi un Erasmus. Elle est venue me voir en juin ensuite.
-La visite de ma cousine. Nous n'étions pas spécialement proches petites et je me rappelle m'être demandé ce que nous allions bien pouvoir nous dire pendant sa semaine de visite. Cette visite nous a beaucoup rapproché et nous voir pour la première fois en dehors de la famille a fait évolué nos rapports de manière très positive. Nous sommes aujourd'hui comme des amies.
Finalement, cette année m'a permis de voir des membres de ma famille hors du contexte classique " réunion de famille " et de développer d'autres liens, plus intimes et plus intenses.
-Je me rappelle bien aussi la première fois que j'ai rêvé en espagnol ... J'étais super fière, ça voulait dire que j'avais beaucoup progressé.

L’année d’Eva à Salamanque, Espagne

Tes moins bons souvenirs ?
Je ne garde pas de mauvais souvenirs lors de mon année...
Mon retour en France a été assez pénible. C'est dur de devoir reprendre ses marques. Je me rappelle avoir trouvé pénible la constitution administrative du dossier l'année précédent mon voyage. C'est vraiment comme dans l'auberge espagnole. En plus, la chargée de mission de ma faculté n'était vraiment pas sympa et faisait tout pour nous décourager.

Y a t'il des lieux où tu aimais te rendre ?
J'aimais traverser la plaza mayor tous les matins, pour aller à l'université. J'aimais le dimanche aller m'acheter un sandwich et soit aller me poser sur la place, dans un parc, pour papoter avec ma coloc ou une copine. Avec ma colocataire, il y avait un bar La posada, où nous nous rendions souvent pour sortir le jeudi soir.

Qu'as tu apprit de cette expérience en Erasmus ?
Comme je l'ai dit, cette expérience a vraiment changé ma vie. Ça a été une grande première dans beaucoup de domaines. C'est la première fois que je partais de chez mes parents, j'ai éprouvé une grande sensation de liberté. J'ai appris à vivre, à me gérer seule. Je suis devenue indépendante.
J'ai appris à parler une autre langue couramment, à vivre dans un autre pays. J'ai accédé à un " autre monde ". Cette expérience m'a " ouvert " les portes de l'Amérique latine, un continent dont je suis tombée totalement amoureuse. Je suis sortie de ma zone de confort et suis devenue " accro " à cette sensation.

A la conclusion de ton Erasmus, dans quel état d'esprit étais-tu ?
Comme je faisais pas mal la fête, j'étais physiquement fatiguée. J'étais déprimée et très triste de partir. Je ne voulais pas du tout rentrer en France, je voulais continuer à voyager. Pendant cette année, j'étais " dans ma petite bulle ". J'ai commencé à avoir très envie d'aller en Amérique du sud, particulièrement en Argentine et de continuer à voyager. Finalement, j'ai écouté mes parents qui me demandaient de rentrer et de continuer mes études.

L’année d’Eva à Salamanque, Espagne Ceci n'est pourtant pas la conclusion à la vie de voyages d'Eva, suivez Valise Volante pour découvrir prochainement son parcours en Amérique latine !

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