Pioui, un trail en solo

Lors de notre récent séjour dans la région de Charlevoix, nous avons eu l’occasion d’expérimenter plusieurs sentiers du Parc national des Grands-Jardins, dont le Mont-du-Lac-des-Cygnes et le Boréal. Aujourd’hui, c’est mon homme qui est derrière le clavier pour vous partager le récit de son trail matinal dans le sentier Pioui. Je vous ai souvent parlé de lui, de sa passion pour la course et de ses talents de photographe, mais c’est sa première contribution en tant qu’auteur sur le blogue. Je compte sur vous pour l’accueillir chaleureusement!😉

Mais d’abord, voici quelques données techniques sur la course en elle-même :

  • Distance : 10,6 km
  • Temps : 1h40 (2h avec les pauses)
  • Dénivelé positif : 556 m

4h30 – Le réveil sonne. Le chalet est calme dans l’obscurité. Tout le monde dort encore et récupère de la belle journée passée dehors la veille. Deux raisons me poussent à me lever à cette heure. Éviter les chaudes heures de la journée et ne pas hypothéquer celle-ci afin de profiter des activités en famille. Je m’habille rapidement, j’engloutis un bagel et une banane et je quitte en auto.

5h00 – Le parc est dans la pénombre, de grands manteaux de brume s’élèvent au-dessus des lacs et des tourbières. Au détour d’un virage, une silhouette d’orignal émerge de la brume. L’image est surréaliste, le moment est magique. Je veux à la fois profiter de ce moment et le capturer en photo. Malgré sa taille, l’animal s’enfonce avec grâce dans les buissons, son panache encore visible. Il rejoint un autre orignal et les deux géants disparaissent dans les bois. La table est mise pour ma matinée. Tant pis pour la photo, je sais que je vais me rappeler longtemps ce moment.

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5h30 – À l’accueil du sentier, il n’y a qu’une autre auto dans le stationnement, une camionnette de la Sepaq. Les sentiers seront tranquilles ce matin. La température continue d’augmenter en passant de 5 à 8 degrés Celsius. Le soleil se lève tranquillement, il n’y a presque plus de brume déjà. Je remplis mes deux gourdes; 1 litre d’eau au total, j’espère que ce sera assez. Je m’engage dans le sentier du Pioui, c’est la première fois que je l’emprunte. Ce sentier de cinq ou six kilomètres devrait me mener au Mont-du-Lac-des-Cygnes. Pour le retour, je vais emprunter le chemin parcouru hier en famille, un beau sentier de gravier.

6h00 (à peu près) – Je n’ai pas une idée précise de l’heure. La batterie de ma montre GPS est vide. Mon cellulaire va enregistrer ma course grace a l’application Strava, mais ce n’est pas aussi facile de consulter mes données de vitesse et de temps en courant. Le début de la course est pénible. Mon corps est encore raide et le sentier est difficile. Il monte assez sec à travers la forêt, avec de nombreuses roches et racines comme obstacles. Il est clair que je n’avance pas vite, c’est presqu’impossible de courir. Ma blonde m’a demandé de prendre des photos du sentier, ça me donne des excuses pour prendre des pauses et immortaliser toutes les roches. Après ce qui me semble une interminable montée, j’arrive au lac du Pioui. Je ne m’attarde pas et je continue.

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Vers 6h15 – Après une autre série de montées raides dans la semi-pénombre de la forêt, j’arrive au sommet du Mont Pioui – je ne sais pas si c’est son nom officiel, mais j’aime bien cette appellation. Je me trouve à environ 900 mètres d’altitude après cinq kilomètres de course. Le paysage est à couper le souffle. D’abord, il n’y a plus de végétation autour de moi, juste quelques broussailles et du lichen. Il fait soudainement beaucoup plus clair même si le soleil n’est pas encore officiellement levé. Évidemment, la vue est époustouflante et offre une vision à 360 degrés sur les monts des Hauts-Jardins et le fleuve Saint-Laurent. Pas très loin, j’aperçois très nettement le Mont-du-Lac-des-Cygnes vers lequel je vais me diriger. Je suis doublement parcouru de frissons, à la fois par l’effet du vent assez fort sur ma peau humide et la beauté saisissante du moment. C’est pour vivre de tels instants que j’adore le trail. Après les quelques photos réglementaires, je me replonge dans la forêt.

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Vers 6h45 – C’est plein d’énergie que je repars en courant, je me sens léger et j’ai l’impression de faire partie intégrante de la nature. Après une descente assez abrupte, c’est reparti pour une longue série de montées qui semblent plus faciles, je me permets donc de les courir. En quittant la forêt, près du sommet du Mont-du-Lac-des-Cygnes, un bruit de feuilles qui bougent me surprend à ma droite. Il provient du bosquet qui est à mes pieds, sur le côté du sentier. Je m’arrête immédiatement, pendant qu’une chouette blanche (ou hibou blanc, comment voulez-vous que je sache?) prend son envol devant moi, me coupant le chemin. Je n’en crois pas mes yeux. Mais ce qui me surprend encore plus, c’est le bruit que fait l’oiseau en volant. Ou plutôt l’absence de bruit, car son vol est absolument silencieux, même s’il bat fort des ailes pour s’envoler. Dans le calme qui m’entoure, ce silence est fascinant. Il va se poser plus loin, sur une branche d’arbre. Je fais un seul pas dans sa direction pour tenter de le photographier, mais c’est trop pour lui; il me quitte définitivement dans le même silence. Quelques mètres plus loin, c’est une famille de perdrix qui m’attend. Le mâle ne semble pas inquiet de me voir et continue de faire la cour à sa femelle. Le petit perdreau s’est, lui, envolé dès qu’il m’a vu. J’arrive enfin au sommet et je retrouve la vue que j’avais la veille lors de notre randonnée familiale, mais avec deux différences. Cette fois, je suis seul au sommet, sans aucun autre randonneur, et j’assiste au lever du soleil sur la région. C’est tout simplement magnifique. Je suis très heureux de vivre ce moment en toute quiétude, je me sens privilégié.

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Vers 7h30 – Après avoir avalé une barre de fruit pour éviter l’éventuel « coup de mou », c’est le cœur léger que je repars. En effet, je connais le reste du parcours qui descend pendant quatre kilomètres, un peu technique au début, puis du beau gravier le reste du temps. Je fais attention à ne pas me blesser, soit par un mauvais mouvement lié à la fatigue, mais aussi parce que je sollicite plus les muscles de mes jambes en freinant dans la descente. Je me permets quand même d’accélérer vers la fin, ce qui me rassure toujours, car ça veut dire que j’en ai encore sous le pied. Près de l’arrivée, je croise un couple qui amorce le début du sentier et qui semble surpris de me voir. Je suis content de les croiser alors que je force l’allure, c’est toujours bon pour l’égo.😉 Arrivé au poste d’accueil, je m’asperge d’eau, je bois abondamment, et je reprends la route pour aller retrouver la famille au chalet.

Vers 8h00 – Arrivé au chalet, je retrouve tout le monde debout. On commence la préparation du petit-déjeuner traditionnel en vacances : œufs et bacon. Ce sera parfait pour refaire le plein! Je raconte mes rencontres matinales en préparant le café…

Une autre magnifique journée s’amorce!



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