The prodigal son is back!


L’Ado est bien rentré hier soir, enfin j’ai failli le flanquer dehors aussitôt, puisqu’il s’est précipité pour dire bonjour à son chat, en m’ignorant totalement. Il a passé 12 jours en France, chez Papi et Mamie, et a découvert les fêtes de la Madeleine, les ferias de Mont de Marsan (plutôt que d’expliquer pendant trente ans, je vous mets des photos, ça donne une idée). D’un côté, j’étais un peu inquiète, de l’autre très heureuse qu’il découvre mes racines, qu’il s’éclate lui aussi en faisant ce qui m’a marqué au même âge: la fête joyeuse, bon enfant et un chouïa alcoolisée, sans supervision dans la rue toute la nuit (c’est d’ailleurs pour ça que j’étais inquiéte, je sais très, très bien à quoi m’en tenir sur la chose). Il était ravi de ses vacances. 

-Alors, ces fêtes? 

-Non, mais ouais, meuh, quoi, c’était cooooool quoi, tu vois. Meuh, non mais ça va là, lâche-moi, c’était sympa….mais euh, t’as fait ça alors, quand t’étais jeune et tout ça? Non, mais sérieux, souvent quoi? Style, tous les ans? Toi? 

-euh…le principal, c’est que ça t’a plu! 

Rhaaa…Qu’est-ce que mes parents sont allés lui raconter?…Qu’est-ce que mes parents savent?…et il a fait quoi, exactement L’Ado, pour trouver ça aussi surprenant que j’ai pu faire les fêtes, moi aussi? Dans ces cas-là , je suis pour les échanges constructifs, c’est important de discuter avec ses enfants. Je suis sûre qu’au fond, ça lui fait plaisir, que je le harcèle m’intéresse. Il faut en profiter tant qu’il est affaibli, ouvert au dialogue:  il est légèrement crevé après 5 jours de fêtes intensives. Avant, ça durait une bonne semaine (on englobait le 14 juillet dedans aussi). Ah ouais, trop coool…et tu sortais toute la semaine, alors? Tous les soirs? Pas du tout, absolument pas, bien-sûr que non! Ahaha. Je m’échauffais avant  en faisant les fêtes des villages alentours. Et d’autres après. Mais ne nous éparpillons pas, revenons aux vacances de L’Ado. 

The prodigal son is back!
Source 

Il semblerait qu’il a tout testé avec enthousiasme, fait toutes les animations avec joie, ce qui n’était pas mon cas. La journée je dormais, comme n’importe quel festayre civilisé. Espèce de touriste! Et il commence à m’énerver à demander en continu si j’ai été jeune. D’abord je le suis toujours, et toc. Tout ému, il a ramené son t-shirt anciennement blanc et son foulard bleu des fêtes, en souvenir, et compte les garder précieusement. Alors qu’il a  donc vécu dedans pendant 5 nuits, je vous passe l’odeur. Et les tâches de vinasse. Il a participé à la calvalcade, le défilé de chars et de bandas (les fanfares) en s’incrustant avec une  bande de jeunes éméchés mélomanes au milieu. Ouais, c’est super méga fun, là meuh, quoi. Oui, je sais…Ah, ça existait de ton temps? Mais euh, tu l’as fait aussi? T’es sûre?  T’avais des potes, alors? Non, mais moi, j’ai pas bu, hein mais les autres ils se passaient des gourdes avec des trucs, tu vois, pas comme de ton temps, non? …Je reste calme. Mais il parle encore une fois de « mon temps », je lui fais bouffer son t-shirt crado. Par les narines.  

The prodigal son is back!
Source 

L’Ado a aussi ramené des auto-collants des fêtes, pour mettre sur la voiture de son père qui n’est pas d’accord et un béret. Je me demande si il n’a pas un peu trop pris à cœur le côté racines, retour aux sources familliales et tout ça…d’ailleurs il a adoré la course landaise. Personnellement, je préfére m’arracher un œil à main nue que d’aller voir ça. Je ne dis pas au début, c’est spectaculaire, des types font des espèces de sauts périlleux par dessus des vaches… Mais bon, au bout de 10 minutes une heure, ça devient lassant. L’Ado a trouvé ça fun, enfin pas au point d’essayer. Il est allé voir l’encierro, quand des illuminés courageux courent comme des dératés au milieu de ces pauvres vaches, mais il est resté prudemment derrière les barrières. Il a aidé son papi à la bodega,  ces tentes où les associations servent repas et surtout boissons. C’était cool. T’as pas connu, si?  Il  a discuté avec des rugbymen dont il connaissait les noms qui faisaient aussi la fête. Il a même tapé la causette avec un groupe espagnol qu’il adore et qui faisait partie des animations. 

-Non mais, tu peux pas comprendre, coin, tout le monde parle à tout le monde, c’est super mega convivial, quoi. Meuh. De ton temps, c’était pas comme ça, hein? 

-C’est ça…et sinon, tu as déjà essayé de bouffer un béret? Parce que ça peut venir…

Il a appris des tas de chansons culturelles et poétiques sur les mérites de la fête en général et de l’acool en particulier. 

-C’est carrément mega fun. Non mais, tu connais pas. C’est des trucs de jeunes. Coin.

– Ton grand père les chante! 

-Mais, non coin, c’est pour le fun quoi, tu peux pas comprendre. De ton temps…euh, ça va maman, t’es toute rouge là? 

The prodigal son is back!
Source 

Bref, L’Ado est un fils ignoble qui va comprendre très vite qu’il est très dangeureux pour sa santé de parler de mon temps. C’est son temps de loisir qui va en pâtir sérieusement, non mais! Mais il s’est bien amusé et est prêt à reparti l’année prochaine. GeekAdo qui a suivi la conversation, a fait remarqué innocemment qu’il y a longtemps qu’il n’est pas allé chez Papi et Mamie et que ça leur feraient sérieusement plaisir de le voir l’été prochain. L’Ado trouve que c’est une excellente idée, et il est prêt à se dévouer pour l’accompagner.  Il va lui expliquer les fêtes. Mon petit ingrat landais!