Et si on essayait de sauver notre peau (et celle des gibbons)?

Je regarde rarement la télévision. Et encore plus rarement des émissions de France Télévision. Je ne sais pas pourquoi, ce doit être mon côté “théorie du complot” qui m’empêche de croire à la sincérité de bon nombre de leurs programmes. Et puis, cette semaine, j’ai entendu parler de cette émission, “Le Messager”, une nouvelle série de documentaires proposés par France 3. Le premier mettait en scène l’actrice Véronique Jannot  partie au pays des Gibbons, en Indonésie. Alors pourquoi ce titre, “Le Messager”? “Le Messager témoigne de coups de cœur pour ceux qui se battent tous les jours afin de sauver des espèces en danger et des milieux menacés.” dixit leur Page Facebook.

Et pour une fois, je n’ai pas regretté d’avoir allumé ma télé!

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Kalaweit, un combat incroyable

Véronique Jannot est donc partie à la rencontre de Chanee et de Kalaweit. Chanee (“Gibbon” en indonésien) est un français qui s’est donné pour mission de sauver les gibbons. Il avait à peine 18 ans, un âge où bon nombre d’entre nous étions plus occupés à programmer notre prochaine soirée qu’à penser à sauver des espèces en voie de disparition (non, le dahu sur la route, la nuit en rentrant de boite, ça ne compte pas). Le but premier de Chanee était de découvrir les gibbons dans leur environnement naturel. Ces singes qu’il avait découvert dans un zoo, quand il était gamin.

Mais c’est quoi, un gibbon?

Un gibbon, c’est ce singe incroyable qui se balance de branche en branche à l’aide de ses bras immenses, plus longs que ses jambes. Il est de la famille des grands singes, comme les bonobos, les orang-outans ou les chimpanzés. Le reportage m’apprend qu’il s’agit même de notre lointain cousin. Il passe sa vie dans les arbres et se nourrit de fruits. On ne le voit quasiment jamais au sol, d’ailleurs son système immunitaire n’est pas adapté aux bactéries présentes dans les sols. En somme, il y a de fortes chances pour que sans les arbres et la canopée, le gibbon meurt, tout simplement.

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Si rien n’est fait, les forêts auront disparu des principales îles indonésiennes d’ici 2030 et avec elles, leur faune et leur flore uniques.

l’Indonésie, ce sont 13000 îles riches d’une biodiversité incroyable. Le pays concentre 10% des forêts tropicales de la planète, et celles-ci abritent de nombreuses espèces endémiques en voie de disparition ou menacées d’extinctions. C’est le cas du gibbon.

Chaque minute, c’est l’équivalent de la surface de 6 terrains de football qui disparaissent en Indonésie, des suites d’une déforestation massive, mal contrôlée, sauvage et dont les buts sont divers: alimentation en bois exotique (teck, ébène), et bien sûr, plantation de palmiers à huile.

À ce jour, la canopée ne représente plus que 30% à Bornéo, une zone qui concentrait pourtant une faune et une flore d’une richesse incroyable.

Nous ne sommes pas allés à Bornéo durant notre voyage en Indonésie, en revanche, nous avons survolé les plantations de palmiers lorsque nous avons rejoint la Malaisie. On se rappelle tous les deux très bien de ce moment qui nous a laissés sans voix, à l’instar des autres passagers qui observaient ce triste spectacle depuis leur hublot. A la vue de ces milliers d’arbres parfaitement alignés, on comprend bien que ça n’est pas possible, rien ne peut vivre, là-dedans. Ce jour-là, nous avons compris ce que signifiait l’expression “détruire la forêt“.

An aerial view shows a palm oil plantation in Indonesia's Jambi province August 5, 2010. Indonesia may propose palm oil plantations be eligible to earn carbon credit under a U.N.-backed scheme aimed at preserving forests, a forestry ministry official said on Monday. Environmentalists have for years expressed concerns over Indonesia's palm oil producers and whether they have cleared forests to expand their plantations. Picture taken on August 5, 2010. REUTERS/Beawiharta (INDONESIA - Tags: BUSINESS ENERGY ENVIRONMENT)

Crédit Photo: International Herald Tribune

Pourquoi la forêt est-elle détruite?

Principalement pour y planter des palmiers à huile ou exporter le bois (ce bois exotique, que l’on trouve vendu chez nous souvent très très cher). Des milliers d’hectares sont pillés chaque année, 2 millions exactement. En 50 ans, le pays a perdu 50% de ses forêts. Et si on ne fait rien, d’ici 2022, c’est 98% de la forêt qui aura été détruite. 2022, c’est demain!

Qu’est-ce qu’on peut y faire? Arrêter de consommer l’huile de palme? Oui, mais pas que.

Bien sûr, c’est un premier pas. Je ne reviendrai pas sur la nocivité ou non de l’huile de palme, les spécialistes eux-mêmes n’étant pas d’accord. Il y a néanmoins une explication plutôt complète dans cet article pour ceux que cela intéresse. Ce qui est sûr en revanche, c’est que l’on peut s’en passer. En entendiez-vous parler avant les années 2000? Non, parce qu’elle n’était que très peu utilisée. Et pourtant, on mangeait. Non?

Les principaux intérêts de l’huile de palme sont qu’elle est moins chère à produire et qu’elle se conserve mieux que les autres graisses animales ou végétales. Ce sont donc les industriels qui se frottent les mains, au grand dam des forêts tropicales et de leurs habitants.

Où trouve-t-on l’huile de palme? Ben… partout, et c’est bien là le problème. Enfin, on la trouve surtout dans les préparations industrielles, des trucs qui ne sont de toute façon pas très bons pour la santé: chips, pâte à tartiner, biscuit, mayonnaise, plats préparés etc! 

Deuxième secteur à utiliser l’huile de palme: la cosmétologie. Oui, il y a de l’huile de palme dans nos shampooing, nos gels douches et bien sûr, notre maquillage! Et là, je suis sûre que nous en avons tous dans notre salle de bain, moi la première.

Comme ils sont malins, les industriels ont voulu brouiller les pistes en inventant tout un tas de noms compliqués, qui la rendent difficile à débusquer. 

Pour faire simple, rappelez-vous qu’à partir du moment où il y a plus de 3 ingrédients dans un aliment, ça sent pas bien bon. Et demandez-vous si vous en avez vraiment besoin. Si oui, et bien allez-y. Si non, reposez le produit en question: Bravo ! vous venez peut-être de sauver un gibbon. 

Voici un petit mémo trouvé sur le site oolution.com, à conserver précieusement pour identifier les produits contenant de l’Huile de Palme:

Noms contenant le suffixe «CAPRYL» : Coco-Caprylate/Caprate / Caprylic capric triglycérides / Dicaprylyl Ether

Noms contenant le préfixe «LAURYL» : Lauryl Glucoside / Sodium Lauryl Sulfate

Noms contenant le préfixe «STEAR»: Glyceryl Distearate/Isostearyl Palmitate

Noms contenant le préfixe «MYR(IST-)»:  Myristyl Myristate/Isopropyl Myristate

Noms contenant le préfixe «CETEAR-»: Cetearyl Alcohol/ Cetearyl Olivate

Noms contenant le préfixe «PALM- »: Sodium Palmate / Palmitate d’Isopropyl

Noms contenant le préfixe «DODEC-»: Dodecanol / Octyldodecyl Myristate

(L’infographie éclairante de Oolution est à consulter sur ce site)

A NOUS DE MODIFIER NOS HABITUDES !

Vous vous dîtes que c’est pas un paquet de Dorritos de plus ou de moins qui va aggraver les choses? Rappelez-vous la question posée par le météorologue Edward Lorenz, lorsqu’il a expliqué sa théorie de “l’Effet Papillon”

“Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?”

Et les industriels, dans cette histoire, on leur dit rien?

Un label a été créé (RSPO), et de grands groupes industriels se sont déjà engagés à acheter de l’huile certifiée par cette organisation. Bon, sur le papier c’est bien joli, mais en réalité ça n’arrête pas du tout le problème de la déforestation. C’est plutôt un genre d’enfumage à la COP21, voyez ? (Lire cet article si vous voulez en savoir plus sur le label RSPO)

Un changement des mentalités chez nous, une sensibilisation des populations sur place

Pas grave. Si eux ne veulent pas agir, c’est nous qui allons le faire. Après tout, si nous ne consommons pas leurs produits, ils n’auront plus à les produire!

Modifier nos habitudes, c’est bien. Mais il faut également oeuvrer sur place. Je pense que d’où nous sommes, nous n’avons pas une vue précise et exacte des choses qui se passent dans ces pays, c’est pourquoi je suis plutôt favorable à aider des associations qui y sont installées et qui peuvent agir localement, en comprenant tous les enjeux. Chanee, par exemple, ne dit pas d’une façon catégorique “il faut arrêter de détruire la forêt“, bien qu’il le pense. Mais il parle d’une façon plus modérée, d’adapter les cultures aux forêts tropicales, de faire en sorte que l’une et l’autre puisse vivre et cohabiter.

Voilà pourquoi j’ai décidé de relayer son combat sur ce blog, parce que voyager, ça n’est pas que raconter ensuite de belles histoires, c’est aussi relayer les choses moins belles que l’on voit sur la planète et sur lesquelles nous avons peut-être un moyen d’agir!

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Les missions de Kalaweit

Sauver les plantes, les espèces et les animaux, pour eux, bien sûr, mais aussi pour nous. Pour sauver notre propre peau! Je ne vais pas vous raconter la messe, vous savez aussi bien que moi que sans les éco-systèmes, la biodiversité, les arbres et compagnie, et bien, on n’est plus grand chose, nous, les humains!

Chanee, avec Kalaweit, s’occupe d’une part de sauver les gibbons captifs, détenus illégalement par des habitants. On voit d’ailleurs, dans l’émission, un petit gibbon dans un état lamentable, tenu en laisse à l’entrée d’un village. Il est là pour attirer la clientèle, car sa “maîtresse” possède un petit commerce. Elle n’a que faire du spectacle pitoyable qu’offre cette pauvre bestiole, jusqu’à ce que Chanee parvienne finalement à la convaincre de le laisser l’emmener pour le soigner.

Kalaweit a également pour mission de préserver la forêt, en achetant des hectares et en créant des zones protégées. L’association s’efforce enfin sensibiliser les populations et de les intégrer au processus de préservation. Car après tout, il s’agit bien de leur pays!

Bien sûr, il ne s’agit pas de la seule catastrophe écologique sur terre.

Nous sommes sans arrêt inondés de messages alarmistes prévoyant la fin d’une espèce, voire de notre propre espèce. Tant et si bien que l’on ne sait bien souvent plus où donner de la tête, ni par quel bout commencer, ou sur quelle cause s’attarder. Et qu’on finit même par s’en détacher, tant il devient difficile d’absorber toute cette misère du monde… Ce qui est sûr, c’est qu’aucun de nous, tout seul, n’arrivera à sauver la planète entière. Mais peut-être s’agit-il là d’une mission bien trop ambitieuse? Et puis, on ne nous en demande pas tant!

Et si tout ne peut pas être rose, peut-être pouvons-nous, chacun à notre façon, faire en sorte que les choses ne s’aggravent pas davantage?

SOYONS DES CONSOMM-ACTEURS !

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Pour en savoir plus sur Kalaweit et les possibilités d’aider l’Association de Chanee

→ Rendez-vous sur Kalaweit.org

Il est possible de faire un don financier, ou de parrainer l’un des nombreux gibbons recueillis par l’Association. J’aime beaucoup leur présentation qui permet de voir les bouilles de chacun d’entre eux et ainsi de “choisir” son filleul.

“Si Kalaweit atteint le chiffre de 3 500 Amis, alors l’association n’aura pas à craindre pour son avenir.”

Aujourd’hui, Kalaweit compte près de 1000 amis… Ils ont besoin de nous! De mon côté, j’ai choisi de faire un don régulier (le minimum est 5€), c’est ce qui aide le plus l’association et lui permet d’assurer sa pérennité. Les dons servent à soigner les animaux, les nourrir, à acheter des parcelles de forêts et à financer le fonctionnement de l’association (locaux, matériels, personnel etc).

On peut aussi choisir d’acheter symboliquement 100m2 de forêt, pour 11€50. Autant d’espace qui ne sera pas détruit et cela permettra à Chanee d’agrandir ses Réserves Naturelles et de protéger davantage d’animaux.

Et en plus, bonne nouvelle, Kalaweit est habilitée à établir des reçus fiscaux qui vous permettent de déduire les dons à hauteur de 66% de vos impôts nets à payer. Alors là, je ne vois pas ce qu’il faut de plus pour vous convaincre d’aider Chanee et son équipe à sauver davantage de ces adorables boules de poils !

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→ Le blog de Chanee permet d’avoir les dernières nouvelles concernant l’Association et ses actions.


Voir aussi, GREEN, un film perturbant, traumatisant car il nous met en face d’une réalité que l’on préfère souvent ignorer.

“Son nom est Green, une femelle orang-outan, seule dans un monde qui ne lui appartient plus. C’est un voyage bouleversant à travers les yeux et les sentiments de l’un des derniers grands singes de Bornéo. Un témoignage puissant, une œuvre rare qui modifie pour longtemps le regard que nous portons sur la Nature et notre société. Green est le résultat du travail et de la volonté d’un seul homme : Patrick Rouxel, parti pendant plusieurs mois sans financement, seul avec une caméra dans la jungle de Bornéo. Un documentaire exceptionnel récompensé par 22 prix décernées aux quatre coins du globe. Une chose est sûre : impossible d’oublier les yeux de Green…”

“VOYAGER, C’EST POSER SES YEUX SUR LE MONDE”


Et si on essayait de sauver notre peau (et celle des gibbons)? – Huile de Palme et dommages collatéraux est un article écrit dans le cadre de la Team EcoGreen.

La Team EcoGreen est un Collectif de blogueurs-voyageurs dont le but est de sensibiliser les lecteurs aux questions environnementales et aux possibilités que l’on a de réduire notre empreinte sur Terre. Nous ne sommes pas parfaits et tachons le plus possible de ne pas nous placer en donneurs de leçons! On suggère, c’est tout.

Cet article vous a profondément déprimé, vous êtes persuadé que tout est foutu, qu’il n’y a plus rien à faire? Et que surtout, tout seul, vous ne pourrez rien changer?

Rappelez-vous la question posée par le météorologue Edward Lorenz:

“Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?”

Et oui, ça marche aussi dans ce sens-là…. Chaque geste, même infime, en faveur de la Planète, ça compte.

Merci de m’avoir lue !


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