Aller de l’avant

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Un mois que je n'ai pas couché le moindre mot, une quelconque syllabe ou un micro signe ici. J'ai préféré me coucher moi. Fermer les yeux pour oublier quelques secondes. Tenter de m'auto-persuader que tout ceci n'était qu'une sacrée saloperie de cauchemar.

Un mois que je garde le silence d'abord par choix puis par obligation. Le choix de décrocher des Internets pendant mes 3 semaines en Amérique du Sud puis le silence imposé par ma gorge nouée depuis cette nuit du 13 novembre dernier.

Et pourtant, j'en avais des choses à te raconter.

J'aurais pu te raconter les États-Unis et ses compagnies aériennes qui t'empêchent d'embarquer pour une sombre histoire de billet de bus.

J'aurais pu te raconter l'Argentine, sa capitale bruyante, son nord digne de l'ouest américain, ses empanadas à tomber.

J'aurais pu te raconter la Bolivie, ses flamands roses, ses lagunes multicolores, son désert tout blanc.

Je le ferai mais plus tard. Aujourd'hui, il est encore difficile de papoter ici comme si de rien n'était. Aussi difficile que de mettre des mots sur ce qui s'est passé, même 10 jours après.

Alors aujourd'hui, je reviens sur la pointe des pieds rendre un hommage aux victimes, à leurs familles, à leurs amis, et à toutes les personnes qui ont vécu de près ou de loin ces horreurs à Paris, mais aussi au Mali, au Kenya, en Tunisie et ailleurs.

Espérer très fort que l'on va continuer à picoler trop, rire fort, pogoter beaucoup, refaire le monde en terrasse malgré l'hiver qui vient et la trouille qui n'est pas vraiment prête de nous lâcher. Quelques grammes d'ivresse dans un monde de brutes.

Rêver à un monde plus juste et se bouger les fesses pour tenter de le réaliser. Agir à notre niveau pour le faire, ne serait-ce qu'un tout petit peu, évoluer.

Aimons-nous les uns les autres bordel de merde <3

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" La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe. C'est d'apprendre à danser sous la pluie " S énèque

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