Gumla

De l’aéroport de Ranchi où nous attend Birendra, son chauffeur et sa voiture connectée, nous allons d’abord vers le sud à Gumla à environ 90 km.

En traversant Ranchi qui est la capitale du Jharkhand, nous passons dans la zone administrative : il y a maintenant une Cour de Justice grandiose et un Parlement tellement immense qu’on dirait le Capitole. Birendra nous précise que c’était auparavant une grande zone agricole d’environ 30 km² habitée par des tribaux et qu’en 60 ans deux cent mille familles ont été déplacées, ce qui fait environ un million d’habitants.

Quand on voit qu’en France certains sont prêts à donner leur vie pour sauver des arbres, en Inde il n’y a aucune politique de sauvegarde des terres agricoles, et encore moins de sauvegarde de la population surtout tribale.

Et bien sûr, toutes ces constructions vont de pair avec les destructions d’habitations pour construire une belle autoroute qui va du Jharkhand jusqu’à Mumbai. Mais attention qui dit autoroute indienne dit bien sûr péage, mais aussi troupeaux de buffles qui la traverse au soleil couchant, enfant qui traverse en courant, traversée de village avec tracteur à contre-sens, etc.

Nous sommes accueillis dans un centre de formation qui jouxte une grande école privée tenue par les Jésuites. Je connais déjà les lieux et il y a là un joli petit musée dédié aux peuples tribaux. On voit ci-dessous le mur décoré qui ceint le musée.

GUMLA
 

Nous rencontrons le directeur du centre, un père jésuite impliqué fortement dans l’accueil des migrants. Ici ce ne sont pas des Africains qui débarquent mais ce sont les Indiens qui migrent. Pour de multiples raisons, mais la première est la pauvreté et la malnutrition. Croire que c’est toujours mieux ailleurs et que l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin. Mais il faut reconnaître qu’au Jharkhand l’herbe est plus sèche qu’ailleurs ; 63 % des femmes ici sont anémiques et la mortalité infantile est énorme. Les dernières statistiques de mortalité infantile au Jharkhand entre 2019 et 2021 (mortalité avant 5 ans) est de 54,3 sur 1000 naissances vivantes.

Le père jésuite nous dit qu’il fait partie d’un réseau de Jésuites qui s’occupe de cette question de migrations et déplore qu’il n’y ait aucun relais à l’international au niveau des ONG qui pourrait les aider.

Je donne les références de l’association : Migrant Assistance and information Network (MAIN)

Indian Social Institute, 10, institutional Area, Lodhi Road, New Delhi, 110003

tél : +91-11-46039622 – e-mail : [email protected] - www.maindindia.org